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Séparation du conseil et de la vente
Message écrit le 12/10/2007 par J.Y. A en réponse à Réduire les pollutions diffuses

Logique et bon sens : séparation des rôles de préconisateur et fournisseur.

Alimentation, santé, environnement, avenir..., ainsi, pour l’agriculture aussi, le conseil doit être (aurait dû toujours être) pratiqué par des personnes et des organismes différents de ceux de la vente : Ce sont bien deux métiers différents. Il n’y a plus de temps à perdre, dire ce qui doit-être dit et faire ce qui doit-être fait.

Pour la profession, mais aussi pour les consommateurs, pour l’environnement..., pour une conscience politique et scientifique (aussi bien à l’échelon nationale qu’européen...), le conseil et la vente, doivent comme en médecine, être pratiqués par des personnes et des organismes différents. Ne parlons nous pas d’alimentation et santé... Des extraits d’articles ci-joints et de nombreux autres rapports d’origines différentes, font aussi la démonstration de cette nécessité pressante.

Réalisme et dynamisme, réagir et agir dès aujourd’hui, que s’arrête la complaisance (et les marches arrière suite à des pressions ou menaces de toutes sortes...), que l’on cesse de prendre en compte les intérêts personnels des carriéristes (conservateurs adeptes du protectionnisme de tout genre...), que l’on affiche une vraie volonté à changer les habitudes, les comportements...

Ils sont de plus en plus nombreux à faire des discours sur la sécurité en matière d’environnement, de santé humaine et de santé animale, mais ils seraient apparemment aussi de plus en plus nombreux à faire tout et n’importe quoi. A quand la fin des discours et argumentaires non cohérents et cousus de mensonges, mais étudiés pour plaire et préserver les intérêts d’une minorité, qu’une agriculture dépendante continue d’alimenter.

Le conseil séparé de la vente, une logique implacable : Un pharmacien n’est pas un médecin et réciproquement. Le pharmacien est tout aussi respectable que le médecin, mais ce sont bien deux personnes, deux métiers et deux organismes différents. Ainsi tous les élus, les dirigeants..., de syndicats, d’OPA, d’offices et de commissions de toutes sortes..., qui prétendent désirer la meilleure santé économique possible aux agriculteurs, associée à un respect de l’environnement, et une meilleure considération de l’agriculture par les consommateurs, devraient facilement le comprendre et faire leur possible pour que la fonction de chacun soit précisément définie et respectée, sans privilèges statutaires... C’est aussi cela la bonne image de l’agriculture : il ne s’agit pas de révolution mais simplement d’évolution. La crédibilité et l’avenir de l’agriculture passent par-là. A moins d’être directement ou indirectement lié à ces organismes..., à ce manque de transparence, il est facile de comprendre qu’il ne s’agit ici ni de polémique, ni d’attaque, mais tout simplement de bon sens, de logique.

Les freins à cette évolution, à cette logique, sont multiples et variés. Si le cumul des postes, n’est normalement plus d’actualité, il l’est encore hélas trop souvent en agriculture, aussi bien dans la quantité que dans la durée et avec des contradictions (certains sont à la fois juge et parti : syndicat + coopérative + chambre d’agriculture + ... + ... + ...) . S’ajoute à cela, la surcharge et les chevauchements d’offices et de commissions de toutes sortes, avec les mêmes ou leurs exécutants... (nommer ou s’octroyer un poste..., sécurise les situations...) . Leur premier critère de recrutement est la capacité à rentrer dans le moule, sans jamais chercher à en sortir.

De même, si les privilèges ne sont normalement plus d’actualité, là aussi, ce n’est pas encore le cas en agriculture et dans ses filières. Un conservatisme agricole (para-agricole) protégeant et garantissant l’avenir de carriéristes et d’opportunistes. C’est ainsi que l’on entend des dirigeants, des présidents de coopératives..., faire des déclarations comme : "On ne pourra pas accepter que les distributeurs ne puissent plus diffuser de conseil". Rien ne peut-être crédible dans l’argumentation de tels propos (voire de telles pressions, menaces...) . C’est encore une fois la démonstration des dangers qu’entraîne le conservatisme, le protectionnisme de nombreux intérêts personnels d’une minorité... (Performants dans la tromperie, donc gênés par la transparence) .

La diversification des activités de certains organismes, afin de compenser la diminution de leur public initial, la censure sur les informations autres que les leurs, l’intégration directe ou déguisée, sont des comportements contraires au respect et aux libertés des agricultrices et des agriculteurs. Un distributeur, un commercial, un dirigeant, un administratif..., honnête, qui n’a rien à se reprocher, rien à cacher..., ne doit pas être gêné que les agricultrices et les agriculteurs aient une source d’informations totalement indépendante. Moins les agricultrices et les agriculteurs ont d’informations (autres que les leurs), plus les ventes..., seront faciles pour les commerciaux...

Tous les moyens sont bons pour sauvegarder les marges, le carriérisme..., ainsi, afin de justifier l’injustifiable, le tout et le n’importe quoi sont de mise, c’est la course aux certifications (aux auto-congratulations...) de toutes sorte et de tous genres pour les distributeurs... (Malgré toutes leurs agitations, la traçabilité ne doit pas être synonyme d’intégration, ...) . Cependant si des méthodes utilisées par des distributeurs, des commerciaux..., ne sont pas très claires, les agricultrices et les agriculteurs sont aussi responsables de leur choix, de leurs actes... Se dire chef d’exploitation agricole, c’est être capable de décider soi-même, savoir ce que l’on veut, être en accord avec ce que l’on dit.

Que sont devenus les projets de simplifications administratives et autres... ? Les habilitations, les certifications, les réseaux... poussent comme des champignons (SCA..., monopoles, sauvetages, justifications de l’inutile...), les titres, les discours, le marketing..., sont devenus plus importants que l’action terrain. Le sauvetage général des apparences et des "fauteuils" est bien vivant, la pro-intégration aussi et les idées coûteuses ne manquent pas (que d’intérêts, que de titres... : agriculture raisonnée...). Le métier d’agricultrice et d’agriculteur est un beau métier, riche en polyvalence et rémunérateur pour celles et ceux qui sont (ou seront) de vrais chefs d’entreprises : responsables, professionnels, consciencieux, à la recherche permanente du savoir et de l’information, voulant et sachant s’adapter, des décideurs et non pas des attentistes et des dépendants. Il y a longtemps que pour les autres professions, ce sont les conditions principales pour exister et continuer d’exister : réalisme et optimisme, vouloir vivre de son travail. C’est encore une fois non seulement l’image, mais aussi l’avenir de l’agriculture, de celles et ceux qui la font, qui en dépendra ("Voire plus loin que le bout de son nez") .

Le Rapport INRA et Cemagref du 15 décembre 2005, dont l’expertise a donné lieu à la rédaction d’un rapport et d’une synthèse, dont voici quelques extraits : La France est aujourd’hui le 3éme consommateur de pesticides. Or cette utilisation élevée de pesticides est remise en question par la prise de conscience de leurs impacts négatifs sur l’environnement, voire sur la santé de l’homme, qui se traduit par un renforcement progressif de la réglementation. C’est dans ce contexte que les ministères chargés de l’agriculture et de l’écologie ont demandé à l’INRA et au Cemagref d’organiser une expertise collective pour établir un état des lieux des connaissances disponibles sur cette problématique. Le champ retenu pour l’expertise couvre les conditions d’utilisation des pesticides en agriculture, les moyens d’en réduire l’emploi et d’en limiter les impacts environnementaux : ...

 Le conseil en protection phytosanitaire est aujourd’hui majoritairement dispensé par les agents commerciaux des coopératives qui vendent les pesticides et sont intéressés à la fois à vendre davantage d’intrants (semences, engrais, pesticides...) et à collecter un volume de récolte maximal, ...

 L’existence de services de dépistage payants permet à l’agriculteur qui ne dispose pas du temps et/ou de la formation nécessaire pour le faire lui-même, de déléguer la surveillance de ses cultures. Un secteur privé du conseil en protection phytosanitaire, assurant notamment le dépistage des infestations, existe déjà aux Etats-Unis, Canada, Grande-Bretagne ...

 Un système "verrouillé", la dépendance vis-à-vis des pesticides peut aussi être accrue par des facteurs externes au secteur de la production agricole :

  La prépondérance d’un secteur de conseil en protection des cultures dépendant de la vente des pesticides tend à favoriser l’emploi des pesticides

  Le fait que la distribution des semences, des pesticides, et des engrais, et la collecte des récoltes sont souvent assurés par les mêmes entreprises renforce le point précédent. La réticence de ces entreprises à distribuer des variétés rustiques ou résistantes à certains bio-agresseurs est souvent évoquée comme un frein à la diffusion des pratiques économes en pesticides. Quelques études récentes analysent le rôle de l’association conseil phytosanitaire / vente de pesticides sur l’utilisation de ces intrants : elles confirment l’effet d’accroissement de l’utilisation.

 Choix du produit pour réduire les risques environnementaux : un tel choix nécessite que l’agriculteur dispose de l’information nécessaire, ce qui est rarement le cas actuellement.

 La détermination d’un risque et le choix du produit le mieux adapté à une situation de risque donné impliquent pour les agriculteurs d’améliorer leurs capacités de diagnostic et d’identification des bio-agresseurs à combattre, mais aussi de disposer d’éléments d’informations permettant d’identifier les produits phytosanitaires susceptibles d’apporter une efficacité adaptée au risque...

 L’expérience du Danemark : les instruments utilisés sont en premier lieu une augmentation des conseils aux agriculteurs pour les aidés à réduire leur consommation de pesticides, ... information de groupe, l’augmentation de systèmes d’alerte et d’aide à la décision.

 La dépendance technique et économique de la production agricole vis-à-vis des pesticides est plus ou moins prononcée selon les cultures. ... Le fait que conseil en protection phytosanitaire, vente d’intrants et collecte des récoltes soient de plus en plus assurés par les mêmes structures ne favorise pas non plus le développement d’alternatives qui réduiraient cette dépendance.

 Il convient de clarifier le rôle des vendeurs de pesticides vis-à-vis du conseil en protection phytosanitaire... . Le cas de la médecine humaine, où conseil, prescription et vente de médicaments sont assurés par des agents différents peut peut-être fournir un cadre de réflexion. La vente des pesticides pourrait être assurée, comme actuellement, par les coopératives d’approvisionnement ou les entreprises privées ; la prescription, par des acteurs autonomes, indépendants de la vente...

 Objectifs : ... Soutenir toute évolution de la formation, de l’information et du conseil afin d’aider au raisonnement, sans doute au travers de nouvelles structures moins dépendantes de la commercialisation des pesticides.

 ... Des structures de conseil cherchent depuis assez longtemps à promouvoir une utilisation plus raisonnée des pesticides. Ce raisonnement permet de supprimer quelques traitements systématiques, et surtout, probablement, de réduire les doses appliquées et les impacts potentiels, par le choix de produit plus adapté et le respect des conditions qui assurent une meilleure efficacité.

 Des mesures d’accompagnement : ...incitation au développement du conseil en protection des cultures, indépendant de la vente des produits phytosanitaires... ... Ce rapport est disponible auprès des Ministères de l’Agriculture et de l’Ecologie, de l’INRA et du Cemagref.

De même, les récits de ce que demandent des agricultrices et des agriculteurs vont dans ce sens, exemples : "...des outils qui ne sont plus adaptés aux souhaits des agriculteurs. Nous demandons aujourd’hui la séparation des produits et du service, mais nous n’observons aucune évolution positive dans ce sens. A quand le changement ?..., ...Les organisations professionnelles n’ont pas à compenser la diminution de leur public initial par une diversité de leurs activités..., ...le nécessaire remembrement de la nébuleuse des organisations agricoles... ".

J.Y. Amice

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Les réponses à ce message (3) Classer par sujet, inverse Classer par sujet
Auteur Classer par auteur, inverse Classer par auteur, inverse
Date Classer par date, inverse Classer par date
alex80
13/10/2007
rép à séparation ventes de produit/conseil
Comme vous le dites au début de votre argumentaire : "Logique et bon sens". Il est tout à fait normal que celui donnant le conseil (le consultant) n’ait pas d’intérêts financiers dans la ventes des produits (de façon directe comme indirecte (commisions)). Il faut aussi que les exploitants agricoles sachent ce qu’ils payent. Le conseil a une valeur et les produits en ont une autre. Le produit doit répondre aux exigences du conseil et donc pour cela, le commercial doit remplir son rôle de technicien spécialiste en proposant le meilleur produit (le plus efficace et pas forcément le plus cher), ce qui à cet instant de la décision n’est pas le métier du consultant. Ainsi on retrouve bien une complémentarité des métiers chez les exploitants agricoles.
Anonyme
13/10/2007
suite...

Monsieur,

Vous avez entièrement raison ! En effet il existe bien dans ce pays un problème concernant la préconisation & la distribution des appros aux agriculteurs. Et je pense être bien placé pour le dire car je travaille moi-même dans ce secteur. Etant fils d’agriculteurs, et observant l’évolution du sentiment populaire vis-à-vis de l’agriculture en générale et de l’utilisation des pesticides en particulier, je ressent de plus en plus un malaise et je pense très sincèrement qu’il est l’heure maintenant de changer les pratiques et même peut-être les hommes. Il est tout à fait illusoire de penser que une nouvelle batterie de certification du conseil des technico-commerciaux en appros agricole va changer quelque chose ! Car le problème repose simplement dans l’intitulé de leur poste : technico- COMMERCIAUX . Alors certes, à écouter les discours de le presque totalité de la profession qui d’ailleurs sont retranscrits dans les propositions de ce Grenelle ( exemple : Ou mesure alternative : Mettre en place d’ici 3 ans une formation diplômante obligatoire et un agrément individuel des vendeurs ), la solution est vraiment simple, et faite nous confiance Messieurs de la politique, de la société en général : on s’occupe de tout !* Alors je me permets de vous citer : « Tous les moyens sont bons pour sauvegarder les marges, le carriérisme..., ainsi, afin de justifier l’injustifiable, le tout et le n’importe quoi sont de mise » : vous avez complètement raison, et j’ai envie dire, malheureusement, complètement raison ! Et c’est ce type de comportement, entre autre, qui est responsable de la situation actuelle ! Oui, demain la séparation entre conseil et vente va briser certaines carrières ! Mais elle va surtout en créer de nouvelles, et au final, les bénéfices seront bien nettement supérieurs aux pertes pour l’emploi, l’environnement, l’agriculture, l’éthique, la société en général et c’est bien ce que recherche actuellement notre société au travers de ce Grenelle ! Mesdames, Messieurs les politiques, ne vous laissés pas aveugler ! Décidez et décidez bien

Ps : Mr Amice, j’ai toujours rêvé de lire ce type d’article (le votre, pas le mien !), écrit par une agricultrice, un agriculteur. Merci encore !

F02
13/10/2007
Séparation conseil/vente
Tout a fait d’accord avec J.Y. AMICE, si les politiques ont le courage de prendre la décision de séparer le conseil de la vente, alors un grand pas sera fait pour un meilleur respect de l’environnement. Cette idée ne plait pas aux distributeurs bien evidemment,car ils ont tout intérêt à garder le système mis en place depuis l’apparition des produits phytosanitaires.Il y a de fortes marges effectuées sur chaque produit,il faut bien vendre ce qui a été acheté aux firmes ! ! !
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