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Synthèse finale du forum
Message écrit le 29/04/2008 par Modérateur

Forte demande des professionnels paramédicaux

Le forum reçoit une très grande proportion de messages émanant de professionnels paramédicaux. Leurs demandes portent sur :
  l’inscription de nouveaux actes dans la nomenclature des actes professionnels permettant un transfert de compétences ;
  le remboursement des actes de manière à pouvoir exercer en libéral.

Ces mesures permettraient selon eux de :
  faire face à la pénurie de médecins généralistes, de certains spécialistes, d’infirmiers ;
  développer les interventions à domicile ;
  en conséquence, désengorger certains services hospitaliers et réduire les délais d’attente ;
  mieux couvrir le territoire.

Transfert de compétences

La question du transfert de compétences apparaît comme un sujet difficile, où les désaccords sont fréquents. C’est le cas, par exemple, de la répartition des tâches entre infirmiers et aides-soignants, médecins et sages-femmes, ou encore ophtalmologistes et opticiens optométristes.

La plupart de ces professionnels demandent un droit de prescription pour des soins, des produits ou du matériel relevant de leurs compétences. Ils justifient cette demande sur la base de la pratique actuelle : de nombreux témoignages indiquent que les médecins, débordés, sont souvent amenés à signer des prescriptions à leur demande, parfois sans consulter les patients.

De la même manière, des pharmaciens demandent le droit de prescription pour des pathologies courantes et bénignes (grippe, rhumes...). Ils mettent en avant leur formation, proche de celle d’un médecin, ainsi qu’une excellente couverture territoriale des pharmacies.

Des sages-femmes demandent l’instauration de maisons de naissance pour compenser le déficit d’obstétriciens et la durée de l’hospitalisation en maternité.

Toutefois, plusieurs contributeurs posent la question des responsabilités juridiques qui seront associées à cet élargissement du droit de prescription.

Pénurie de médecins en zone rurale

Les internautes ont discuté des causes possibles de la désaffection des médecins pour le milieu rural. Ils pointent du doigt :
  l’aspiration à un rythme de vie sain (moindre disponibilité les soirs et week-ends), notamment associée à une féminisation de la profession ;
  la désertion générale du milieu rural (services de proximité rares ou inexistants, difficulté de trouver un emploi pour le conjoint) ;
  la rémunération à l’acte, qui incite certains à s’installer dans les régions densément peuplées pour dégager des revenus plus substantiels.

Pour remédier à la pénurie de médecins en zone rurale, plusieurs approches sont envisagées. Les mesures contraignantes (gestion étatique du lieu d’installation, par exemple) rencontrent un faible succès. La grande majorité des internautes préfère nettement des mesures incitatives.

Des avantages

Pour beaucoup, la solution réside en particulier dans des incitations financières : prime à l’installation, compensation de perte de revenus, rémunération des déplacements et des astreintes, exonérations fiscales. D’autres formes d’avantages sont également proposées : rapprochement familial facilité ou droit de formation pour la reconversion dans une spécialité médicale après un certains temps.

Outre la question territoriale, des contributeurs signalent la désaffection de certaines spécialités médicales. La chirurgie digestive, par exemple, attirerait moins que la chirurgie esthétique. Ils préconisent une meilleure rémunération pour les médecins hospitaliers.

De meilleures conditions d’exercice

Une autre approche réside dans un meilleur aménagement des conditions d’exercice. Ainsi, le regroupement de professionnels au sein de maisons médicales (éventuellement pluridisciplinaires) est une solution envisagée pour faciliter l’accès au soin, tout en respectant la vie du professionnel de santé. Ceux-ci ne souffriraient plus d’isolement et pourraient couvrir collectivement une plus grande amplitude horaire. Certains internautes soulignent le rôle des collectivités territoriales dans le développement de ce type de réponse. Elles mettraient à leur disposition les locaux et le personnel administratif adéquats. Une demande récurrente porte sur la réouverture des dispensaires.

Recrutement et formation

Un certain nombre d’internautes considère que ces mesures ne seront pas suffisantes, en particulier du fait des prochains départs en retraite. Ils proposent l’augmentation ou la suppression du numerus clausus déterminant le nombre d’étudiants en seconde année de médecine. Cette idée fait débat. En particulier, une telle mesure serait très contre-productive si elle ne s’accompagnait pas d’adaptations au niveau de la formation : capacité à accueillir plus d’étudiants, y compris en stage, à gérer une baisse de niveau.

La formation des étudiants en médecine devrait intégrer des stages (internat, notamment) en zone rurale pour faire sortir les étudiants des grandes villes et leur faire découvrir les charmes de certaines régions. Une meilleure information sur les spécialités médicales est également jugée nécessaire pour remédier à la pénurie de certaines d’entre elles.

Pour faire face à la crise des vocations, des internautes conseillent de faire appel à des médecins étrangers.

Cas des zones les plus reculées

Pour les zones où la pénurie est exceptionnellement forte, des mesures spécifiques pourraient être prises : remplacer la rémunération du médecin à l’acte par un salaire fixe ; mettre en place des dispensaires itinérants ou organiser des navettes pour véhiculer les habitants.


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