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Les conséquences dramatiques d’une mauvaise gouvernance passée
Message écrit le 15/05/2008 par Lazare Carnot en réponse à Une bonne gouvernance et une bonne efficience de l’Etat avant tout

La professionnalisation ne s’est pas faite avec une adaptation des moyens budgétaires qui de plus ont été nettement en baisse a partir de 1996. Il est clair qu’avec la professionnalisation il y avait une exigence de calculer au plus juste le coût des moyens de support incorporant beaucoup d’appelés qui ne coûtaient pas grand chose. On a pas réorganisé l’administratif, et au bilan on se retrouve avec un administratif/support pléthorique (hors effectifs nécessaires de maintenance des matériels). Et ce n’est pas neutre car le coût de ces sureffectifs est du même ordre de grandeur que le budget de fabrication d’équipements conventionnels ! Nos armées ont un coût fixe minimum qui est la dissuasion, le renseignement et la R&D. Le tout fait grossièrement 8 Md’€.Ce sont des moyens prioritaires sur les forces conventionnelles et ce d’autant plus que l’on a pas de menaces aux frontières car c’est de qui fait le statut des armées et de la France, son autonomie politique de décision et sa crédibilité de puissance.

Ce qui reste aux armées en terme d’armée conventionnelle, c’est le budget total moins les pensions et moins cette somme vitale à l’autonomie politique (et la R&D constitue en fait un puissant facteur de réduction de coût des armées pour la société française grâce notamment aux retombées économiques sur le commerce extérieur et les synergies avec la haute technologie civile). Sans cela l’armée ne devient plus qu’une force a contribution de l’OTAN et ne pouvant s’engager sans la protection US nucléaire et conventionnelle .Donc une simple force supplétive de la diplomatie US tempérée par notre poids politique dans l’OTAN qui serait au niveau de l’Italie. Autant dire que le politique ne considérera plus l’armée que comme une prime d’assurance à payer à l’OTAN et la voudra la moins chère possible.

Donc nos armées se sont retrouvées avec une masse salariale et d’effectifs beaucoup trop importante pour le contrat opérationnel affiché de projection pourtant modeste, entraînant une spirale infernale d’économies sur les fabrications et la maintenance. Le manque de matériel neufs entraînant une explosion des coûts de maintenance alors que le budget maintenance a été aussi réduit. Des unités d’active paupérisées avec un matériel inférieur et peu disponible à leurs meilleurs alliés et s’entraînant peu ne peuvent qu’avoir un moral en baisse. La réforme aurait du être faite il y 10 ans et aujourd’hui il faudra la faire en urgence et le manque de transparence sur la réforme et ses objectifs est clairement un facteur d’incertitude qui n’améliore pas le moral depuis un an.

Pour le contrat opérationnel actuel, tous les calculs et comparaisons détaillées avec les meilleures armées étrangères le démontre. A iso budget et iso coût pour l’Etat, c’est 5 milliards d’€ chaque année de perdu sur le budget d’équipement pour les armées (en neutralisant la TVA et les taxes à l’industrie revenant au budget de l’Etat).

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Lazare Carnot
20/05/2008
Identifier et traiter en amont les menaces multiples et diversifiées

La mondialisation entraîne une multiplication des acteurs et des menaces et donc une aggravation du potentiel de nuisance de groupes non gouvernementaux qui peuvent bénéficier de moyens accrus et transnationaux a cause de cette mondialisation et du soutien d’Etats les utilisant dans des stratégies asymétriques et masquées.

Identifier et traiter les menaces en amont est critique et cela comprend notamment les forces spéciales et leurs moyens (par exemple d’infiltration sous marine par mini-sous marins et SNA ou aériennes) Ce qui signifie aussi qu’il faut pouvoir dissuader (de manière nucléaire ET conventionnelle en premier lieu) ou frapper les Etats qui sont complaisants et sans compter nécessairement sur la présence d’un allié local qui peut être dissuadé d’assumer un risque voire de nos alliés.

En troisième lieu les intérêts étant partagés entre nations obéissant à des philosophies semblables, nous devons pouvoir mobiliser autour de nous des alliés même sans les USA et cela pose le problème de la nation de nation cadre donc y compris de capacité d’entrer en premier, de protéger et de frapper fort si nécessaire, puis d’assumer un rôle important dans une coalition sur le terrain.

Si il y a une conclusion probable du livre blanc que je partage c’est l’accent mis sur le renseignement (DGSE, DRM, DPSD, SGDN...) et la stratégie d’influence (notamment coopération et OTAN) que je considère vitales et à renforcer même si certains m’ont mal lu. Même si grossièrement la DGA (réduite au cœur essentiel et sans sureffectifs), le renseignement qui doit augmenter, les forces nucléaires font pour le tout 40 000 personnels, et que l’infanterie, la cavalerie indispensable ( Leclercs/AMX10RC) et ALAT font 50 000 h formation incluse comme aujourd’hui, il n’en reste pas moins de 240 000 personnels des forces conventionnelles ou l’on a l’exigence d’employer les ressources humaines de la manière la plus efficace possible et là, les possibilités de réduction excèdent 60 000 personnels sans réduire le nombre d’armes en service et leur disponibilité pour l’entraînement et les OPEX. L’emploi de vraie réserves est a considérer pour compléter l’active sur le génie, l’artillerie, les forces amphibies ou de soutien... dans le cas des grandes interventions lourdes.

C’est la seule manière d’avoir des forces conventionnelles bien équipées et en incluant une force aéronavale cohérente. Maintenant il faut se souvenir que le PA2 ne sera la qu’en 2016 et que d’ici la il y a urgence sur nos autres capacités conventionnelles donc de rationaliser et d’accroite les investissements en R&D et fabrications de suite.

Lazare Carnot
28/05/2008
Une réflexion indépendante encouragée avec les vrais experts

L’élaboration d’une stratégie pour la France dépend des moyens que l’on peut mettre derrière avec une réflexion sur l’optimisation de la ressource dans la durée. Exemple de l’intérêt de la démarche de la comparaison systématique avec les meilleures forces étrangères : Prenons par exemple le contrat opérationnel de grande intervention sans renouvellement de 50 000 h que l’on veut réduire à 30 000 ! Les Britanniques ont moins de 200 000 militaires et mettent 46 000 h sur le terrain lors de l’opération Telic en Irak en 2003. Les Marines US (équivalent de l’AT et l’AdA hors fonctions stratégiques) ont un effectif de temps de paix de 173 000 h militaires et 18 000 civils en support et mettent 90 000 hommes sur le terrain en 2003.Certes, il faudrait rajouter peut être 10 000 personnels pour le SSA ou le service des essences nécessaire mais on reste proche de 200 000 personnels. Dire qu’avec 235 000 personnels (civils et militaires) pour l’AdA et l’AT réunies, on ne puisse en mettre sur le terrain que 50 000 devrait conduire à s’interroger sur le pourquoi et même si l’on doit retirer 10 000 h a l’ADA ou plus, pour les fonctions stratégiques sur le territoire francais.

La RGPP a identifié des pistes de réduction de l’administratif. C’est un premier pas (10 ans trop tard) mais seule une démarche de « benchmark » fonction par fonction , coûts complets par coûts complets, permettrait d’élaborer une image future de se que devrait être notre défense. Autre constatation : on constate de manière globale que une fois que l’on a retiré le nucléaire, la R&D, la conduite des opérations d’armement (DGA), le renseignement et le spatial (personnels, coûts d’opération, équipement de ces composantes), il reste quand même 20 milliards d’€ pour les forces classiques. Et nous dépensons à peu près 20% avec la TVA sur ce périmètre sur les fabrications d’équipements conventionnels. Soit bien moins que les meilleures armées de projection en pourcentage (équipement net de TVA aux USA par exemple).

Ma conclusion est que il faut étoffer la réflexion du ministère pour avoir une vision globale du possible qui n’existe manifestement pas et donc avoir des conseillers indépendants qualifiés autour du ministre, indépendants des contraintes politiques internes, pour permettre d’élaborer une vraie vision technico opérationnelle, économique et budgétaires en sortant de l’endogamie actuelle des responsables privés de liberté réelle.Je connais d’excellentes équipes francaises indépendantes écartées des reflexions pour des raisons de coût (qui sont ceux du privé pourtant).La réflexion stratégique amont ne mérite elle pas d’avoir les moyens comme dans le privé, au vu des enjeux ? De l’air ! De l’innovation et pas du politically correct !Qu’on les entende !

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