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Synthèse finale du forum "Grèves dans les transports publics : comment mieux prévenir, mieux organiser, mieux informer ?" personnages_3types (655 octets, 40x21 px)

Le forum invitait les internautes à discuter des modalités du service minimum dans les transports publics et de l’information des usagers. Ils ont avant tout débattu des motifs des grèves et de la pertinence même du service minimum. Sur ces deux sujets, les points de vue sont partagés et les positions le plus souvent très tranchées. Ce n’est qu’en réaction aux interventions du ministre, Xavier Bertrand, dans le forum que la question centrale des modalités du service minimum a été traitée.

Arguments en faveur du service minimum

Pour de nombreux internautes, les transports publics sont considérés comme un service vital au même titre que les services de santé ou les pompiers. Les blocages sont jugés inadmissibles au regard des difficultés qu’ils peuvent engendrer pour les usagers. Les messages soulignent notamment les problèmes dans le quotidien : présence au travail ou à l’école, recrutement... Certains intervenants ajoutent que les personnes en situation de faiblesse du fait de problèmes de santé (personnes âgées ou handicapées, femmes enceintes) risquent d’en souffrir particulièrement. En réponse, des agents des services publics se défendent de "prendre en otage" les usagers : ils évoquent l’existence de solutions alternatives de transport. En réaction, des messages remarquent que l’usage d’un véhicule personnel devient impossible un jour de grève, tant le réseau routier est saturé.

Les motifs des grèves sont également critiqués par ceux jugeant les salariés des transports publics comme des travailleurs privilégiés. Ils n’acceptent pas que ces agents puissent bloquer des personnes dans une situation plus précaire que la leur, dans le seul but de défendre leurs propres intérêts. Certains grévistes affirment que leurs motifs de grève vont souvent au-delà de la défense d’intérêts catégoriels, portant par exemple sur la qualité des services publics. Cet argument est contesté en retour. En réaction à la dénonciation de leur situation privilégiée, des cheminots tentent d’attirer l’attention sur la pénibilité de leur activité. Mais son niveau n’apparaît plus aujourd’hui constituer un motif suffisant. D’une manière générale, les conditions de travail des agents et leurs avantages ont fait l’objet de nombreuses discussions dans lesquelles chacun reste sur sa position.

Un troisième sujet de discorde a été la représentativité des organisations syndicales. Une partie des internautes juge les syndicats non représentatifs. Ils opposent les résultats des élections professionnelles et ceux des élections politiques, notamment l’élection présidentielle. En réponse, des salariés des transports publics soulignent que, dans leur milieu, la participation des personnels aux élections professionnelles est élevée.

Modalités du service minimum

La question du non-paiement des jours de grève a suscité beaucoup de réactions. Selon leurs auteurs, les jours de grève ne sont payés que de façon exceptionnelle et la répétition du principe dans la loi est inutile et offensante. On notera que les internautes sont en général d’accord avec le principe du non-paiement. Ils ne divergent que sur l’utilité de le rappeler dans une disposition législative.

La déclaration du salarié 48 heures à l’avance de son intention de faire grève est perçue comme l’essence même du projet. Elle doit permettre l’organisation du trafic en situation d’effectifs réduits et l’information des usagers. Mais certains mettent en garde contre un possible effet pervers : les salariés pourraient se déclarer systématiquement grévistes de manière préventive, pour ne pas compromettre la possibilité de faire grève en cas de blocage des négociations. Les prévisions sous-estimeraient alors les effectifs disponibles et annonceraient un service inférieur à celui réellement possible.

Concernant l’information des usagers, les internautes se montrent plus ou moins exigeants sur le délai préalable (de 48h à deux semaines). Ils demandent à ce que les supports d’information soient diversifiés (gares, journaux télévisés, sites internet, SMS), mais attendent surtout une information fiable. Certains estiment avoir également droit à une meilleure communication sur les motifs de la grève.

Le vote à bulletin secret après 8 jours est assez bien accueilli, mais les conséquences du vote suscitent beaucoup d’interrogations. Certains estiment qu’un vote négatif doit forcer la reprise du travail, mais d’autres estiment qu’un vote positif doit alors rendre la grève obligatoire. Les intervenants les plus favorables au vote soulignent qu’il mettra les salariés à l’abri d’éventuelles pressions des syndicats. Cependant, les points de vue sont partagés sur les modalités du vote : faut-il consulter l’ensemble des salariés ou uniquement les grévistes ?

Des messages soulignent par ailleurs que la SNCF tend en cas de grève, à privilégier les services rentables au détriment de ceux qui sont le plus nécessaires aux déplacements quotidiens.

Mise en cause de la pertinence du projet

Plusieurs arguments ont été avancés pour montrer que la loi n’apporterait aucun bénéfice aux usagers en l’état :
  un service minimum existe déjà et, grâce à lui, les grèves se sont raréfiées ;
  les usagers souffriraient alors davantage des perturbations liées au manque de personnel et à l’état du matériel ;
  parce qu’elle ne crée pas de nouveaux dispositifs de négociation, la loi n’empêcherait pas les conflits ;
  certains personnels tels les conducteurs ne peuvent être remplacés du fait des compétences et des connaissances spécifiques requises.

21-09-2007 17:58
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