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Synthèse finale du forum "Revenu de solidarité active, un livre vert ouvert : donnez votre avis" personnages_3types (655 octets, 40x21 px)

Une partie des internautes intervient pour soutenir le projet. Son objectif majeur, éviter la diminution des ressources financières d’un chômeur lors d’une reprise d’activité, leur apparaît juste. Mais la majorité des intervenants s’inquiète de risques d’abus ou d’effets pervers. Il s’agit en partie de critiques souvent exprimées dans les forums à l’égard des prestations sociales : accusations d’incompétence de l’ANPE ou de fraudes de la part des bénéficiaires.

Risques et garde-fous

Certains intervenants brandissent le spectre de la fraude à travers le cumul du revenu de solidarité active (RSA) et du travail au noir. Selon eux, elle permettrait à certains de vivre très confortablement au détriment de la collectivité. Ces contributeurs demandent donc des contrôles. D’autres s’offusquent de cette position. Ils estiment les fraudes minoritaires et les contrôles dégradants. Certains pensent que si le RSA est conçu intelligemment, il rendra au contraire le travail déclaré plus attractif que le travail au noir.

D’autres contributions mettent en garde contre un possible effet pervers indirect. Les employeurs pourraient ne verser que des salaires au rabais en comptant sur le RSA pour les compléter. Cela accentuerait l’écrasement des salaires qui s’est développé autour du SMIC ces dernières années.

Réglages du dispositif

De nombreux internautes considèrent que le RSA ne doit pas être conçu uniquement comme un dispositif financier. Ils en attendent un service complet, intégrant la formation, l’assistance par des professionnels de l’emploi, l’encadrement par un tuteur à l’intérieur de l’entreprise. Pour eux, ce service doit permettre au bénéficiaire du RSA de ne pas s’installer dans une dépendance à l’égard de la collectivité.

Plusieurs contributeurs se demandent comment faire en sorte que les employeurs n’abusent pas du dispositif. De ce fait, certains proposent que les actionnaires soient impliqués : des dividendes conditionnés par les résultats de l’entreprise en terme d’insertion ou par les plus bas salaires.

Répondant aux questions posées dans les pistes de réflexion sur la définition des bénéficiaires, les intervenants se prononcent en majorité en faveur de l’élargissement. Ils proposent que le RSA puisse être versé aux 18-25 ans, aux patrons sans salaire, aux artistes, aux handicapés. Pour le calcul du revenu garanti dans le cas des familles mono-parentales, une discussion s’est engagée : elle oppose les tenants d’une aide particulière aux mères seules et les défenseurs de la "responsabilisation" des mères, ainsi que la recherche des pères pour les mettre à contribution. Des intervenants jugent cette dernière solution irréaliste, car elle conduirait à pénaliser injustement les femmes qui constituent la majorité des pauvres.

L’idée d’une limitation dans le temps du RSA est peu appréciée : elle est jugée contradictoire avec l’efficacité du dispositif. Cependant, les contributeurs jugent qu’un soutien important en formation est nécessaire pour rendre les bénéficiaires plus "employables". Seul ce soutien leur permettra de sortir du dispositif. Ils mentionnent en particulier le cas des handicapés et des mères seules.

Pourquoi a-t-on besoin du RSA ?

Certains internautes recommandent de remonter aux causes des situations de précarité et d’exclusion qui rendent le RSA nécessaire. Si on ne le fait pas, ils craignent que le RSA ne soit qu’un dispositif de plus dans une longue liste et ne suffise pas à résoudre durablement les problèmes.

Ces problèmes, qui doivent être traités pour prévenir précarité et exclusion, sont les suivants :
  La responsabilité des entreprises ou investisseurs qui ne souhaitent pas une réduction durable de la précarité et de l’exclusion. Celles-ci feraient en effet remonter les salaires.
  L’organisation du travail qui multiplie les temps partiels et contrats de courte durée, donc augmente le risque de se trouver dans une situation difficile.
  Le progrès technique qui entraîne une baisse durable de la demande de travail. Seul un partage massif du travail peut éviter la précarisation.

Alternatives au RSA

Enfin, des intervenants proposent des alternatives au RSA. Certains suggèrent une revalorisation générale des salaires, d’autres des mécanismes plus importants d’aide aux emplois associatifs ou d’intérêt général.

31-03-2008 14:24
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