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Synthèse du forum "Grèves dans les transports publics : comment mieux prévenir, mieux organiser, mieux informer ?" au 10 août personnages_3types (655 octets, 40x21 px)

Le ministre Xavier Bertrand a abordé le sujet du vote obligatoire à bulletin secret après huit jours de grève. Sa contribution a reçu de nombreuses réactions.

En premier lieu, les internautes reconnaissent à cette procédure un avantage important : le vote à bulletin secret libérera les salariés d’éventuelles pressions exercées par les syndicalistes en faveur de la poursuite du mouvement. Certains soulignent qu’elle n’apporte toutefois pas de réponse au problème du manque de négociations en amont des mouvements de grève. Quelques-uns pensent même que ce problème sera accentué. Ils craignent en effet qu’une direction n’utilise le délai de huit jours à son avantage en misant sur l’usure du conflit. Selon eux, on verrait alors se multiplier les grèves longues.

Concernant la nature des votants, les positions sont très tranchées. Pour les uns, le vote doit être ouvert à l’ensemble des salariés, de manière à estimer la popularité du mouvement. Pour les autres, ce vote ne peut concerner que les grévistes. Il leur permettrait de mesurer leur volonté de poursuivre la grève.

La question de l’organisation du vote a été peu abordée. Quelques craintes ont été exprimées concernant la possibilité de manipulation du vote par la direction si celle-ci en était l’organisatrice.

Les autres messages s’inscrivent dans la continuité des propos recueillis jusqu’à présent et résumés dans les synthèses précédentes :

  • service minimum jugé nécessaire pour éviter aux usagers d’être "pris en otages" par les salariés des transports publics,
  • existence d’un service minimum en Île-de-France,
  • nécessité d’un service de qualité hors période de grève,
  • désaccord sur les vrais motifs des grèves (intérêt général ou intérêts particuliers),
  • proposition de la gratuité des transports les jours de grève comme alternative au blocage,
  • manque de représentativité des syndicats.

Verbatim

"Jéjé98" écrit :
Les syndicats n’en veulent pas, ils ont peur de se faire désavouer par cette consultation à bulletin secret. Leur grève n’aura plus la même légitimité et ils ne pourront plus prétendre représenter et parler au nom de tous les salariés. Ce qui, effectivement, n’empêche pas la minorité de continuer la grève si elle le souhaite. Car le droit de grève est un droit individuel. Mais leur mouvement aura moins de poids si peu de salariés y sont favorables.

"Kersall" écrit :
Dans les entreprises, tout comme dans une démocratie, tous les salariés sont concernés par les problèmes qui peuvent se poser (hausses de salaires, conditions de travail). Mais ils peuvent avoir des avis divergents. C’est pourquoi tout le monde doit pouvoir s’exprimer. Il est donc normal que chacun puisse donner son avis et voter pour le déclenchement ou la reconduction d’une grève.

"Jack" écrit :
Les non-grévistes n’ont pas à voter. [...] Celui qui est en grève exprime son désaccord. Le non-gréviste, qui reste bien au chaud à l’abri de l’ire patronale, bénéficie déjà injustement de ce que le gréviste a chèrement gagné. De plus, le débat n’est pas de dire si la grève est légitime, puisque c’est un avis individuel qui ne regarde que le gréviste, mais de savoir par un vote secret la supposée véritable envie du gréviste : continuer ou reprendre le travail. Le non-gréviste n’est pas concerné.

"Cogite" écrit :
Là où va se poser un gros problème, c’est l’encadrement du vote. Il paraît que les patrons veulent le gérer. Je vais donner un exemple concret : dans une entreprise d’édition, il y a près d’un an, des cadres ont été poussés par leur hiérarchie à participer à un vote d’assemblée générale, afin d’en faire basculer le résultat. Ces gens n’étaient pas concernés par les mesures provenant de la direction. Ils ont réussi à pervertir un système qui se voulait démocratique.

16-08-2007 11:16
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