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Synthèse du forum "Organisation de la santé : comment garantir un égal accès aux soins à tous, sur tout le territoire ?" au 18 avril personnages_3types (655 octets, 40x21 px)

Causes de la désaffection du milieu rural par les médecins

Les internautes ont débattu des causes possibles de la désaffection du milieu rural par les médecins. Plusieurs hypothèses sont avancées :
  plus faible rémunération (raison la plus souvent invoquée mais mise en doute) ;
  horaires plus conséquents ("clientèle" plus nombreuse directement liée à la pénurie de médecins) ;
  lieu de vie peu compatible avec des journées de travail longues, en particulier pour les femmes (éloignement des crèches, écoles, services publics...) ;
  crainte de la fermeture des petits centres dans le cas des médecins hospitaliers ;
  simple conséquence de la centralisation des formations (l’internat se déroulant dans des grands centres plutôt que dans des structures périphériques de moindre taille).

Outre la question de l’effectif, l’aspiration à un meilleur rythme de vie serait aussi une des causes de la pénurie de médecins : certains internautes pensent qu’ils sont de moins en moins volontaires pour les gardes de nuit et de week-end.

Comment rééquilibrer la répartition territoriale des médecins

Les propositions pour permettre le maintien ou le retour des médecins en milieu rural sont variées. Les principales pistes proposées sont d’ordre financier : incitation à l’installation en milieu rural, compensation du manque à gagner en terme de clientèle, voire versement d’un salaire dans les zones les plus dépeuplées. Certains internautes considèrent que les médecins, même libéraux, sont par définition au service des citoyens. De ce fait, ils estiment qu’une gestion étatique de leur affectation basée sur le modèle des autorisations pour les pharmacies serait pertinente.

Des contributeurs préconisent de former plus de médecins. Mais des messages signalent qu’une augmentation du numerus clausus posera le problème des capacités d’accueil en stage (pour l’internat notamment). Une alternative est discutée : favoriser l’immigration de médecins étrangers.

Pour remédier à la crise des vocations, d’autres approches prennent en considération les problèmes de la vie du praticien en milieu rural :
  plutôt que d’être contraint de s’y installer de façon permanente, exercer un nombre prédéfini d’années en début de carrière ou n’y intervenir que ponctuellement pour des gardes, dans des cabinets ou des dispensaires itinérants ;
  pouvoir exercer plus facilement à plusieurs en cabinet (aide des collectivités territoriales souhaitées).

Transferts du droit de prescription à d’autres professionnels de santé

Le transfert de certaines tâches aujourd’hui assurées par le médecin vers d’autres professionnels de santé est abondamment discuté. Les professions les plus fréquemment citées par les internautes sont les infirmiers et aide-soignants, les pharmaciens et les ergothérapeutes. Dans chacun de ces secteurs, les professionnels intervenant sur le forum demandent un droit de prescription pour des actes spécifiques courants. Ce droit de prescription concernerait :
  pour les infirmiers, les soins et certains vaccins comme le vaccin antigrippal ;
  pour les aide-soignants, la toilette et certains soins de confort ;
  pour les pharmaciens qui revendiquent une formation proche de celle du médecin, les traitements de pathologies bénignes ;
  pour les ergothérapeutes, le matériel nécessaire au retour à domicile (fauteuil roulant par exemple). Certains pharmaciens se disent prêts à laisser la parapharmacie aux grandes surfaces et à recourir à la formation continue pour assurer pleinement cette nouvelle mission.

En dehors des actes médicaux, les tâches administratives devraient également être allégées.

Face à ces propositions, des questions récurrentes apparaissent. Ainsi, certaines professions (infirmiers, aide-soignants) sont signalées comme déjà en effectif déficitaire. Plusieurs messages attirent l’attention sur le problème des responsabilités afférentes au droit de prescription.

Verbatim

"Une étudiante parm..." écrit : La médecine générale m’attire... mais je suis une femme et 70h par semaine en pleine campagne, sans forcément d’école à proximité, de crèche... oui, ça me fait peur. Parce qu’au bout de douze ans d’études, je n’ai pas envie de choisir entre construire une famille et exercer ma passion de la médecine.

"Ced" écrit : Les médecins sont des femmes/hommes comme les autres. Ce qu’ils demandent pour s’installer c’est aussi une école pour leurs enfants, du travail pour leur conjoint (dans les deux cas sans avoir à faire 100km par jour de déplacement), des services publics (poste etc ...), des magasins, un accès à la culture ... Et malheureusement c’est en contradiction avec la politique menée par les différents gouvernements depuis 30 ans.

"Docteur Delorme" écrit : La seule façon de faire découvrir les régions éloignées des grands CHU aux futurs médecins est de délocaliser les stages des étudiants en médecine de la troisième à la sixième année, et de les faire venir dans les hôpitaux périphériques. Ils seraient logés à l’internat, pourraient suivre leurs cours par internet et goûteraient à la qualité de vie de la "province rurale".

"Pierhenri" écrit : Je propose à votre étude un dispensaire mobile avec tous les équipements, tel un service d’urgence. Ce sont les praticiens qui viennent auprès des habitants des zones isolées. Ce système tourne 7 jours sur 7 avec des équipes qui se remplacent.

"Sébastien" écrit : On pourrait donner à l’infirmier le droit de prescription des soins d’hygiène à l’aide-soignant, ceci donnant lieu à une consultation infirmière préalable, sur demande du médecin. C’est à mon avis le seul moyen d’avoir une prise en charge cohérente et sécurisante.

18-04-2008 17:26
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