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Certaines questions, par exemple celle de la place respective possible pour l’agriculture biologique et l’agriculture raisonnée, ont été discutées sous plusieurs chapitres. Il est rendu compte de ces débats sous la principale rubrique où ils se sont déroulés.

Aller vers 100 % d’agriculture durable à terme

La place centrale de la certification dans les orientations du groupe de travail suscite de nombreuses interrogations. Elles portent sur l’efficacité de ce type de mesures. La certification n’est-elle pas un leurre (seulement 2 500 certifications FARRE en 10 ans) ? Ne vaudrait-il pas mieux revoir le système des aides plutôt que de créer une procédure de plus ?

"Jean-Pierre HUE" écrit :
Certifications : Voilà un grand mot. Mais a-t-on fait un bilan des certifications dans les domaines où cela existe depuis quelques années ? A-t-on mis en place un système pour examiner le sérieux des organismes certificateurs ?

En ce qui concerne le but visé, la définition assez générale de la notion de haute valeur environnementale (HVE) donne lieu à des questions et propositions. Certains intervenants se demandent pourquoi on la substitue à celle de l’agriculture raisonnée ? D’autres craignent qu’elle n’entraîne une confusion avec les garanties liées à l’application d’un cahier des charges comme ceux de l’agriculture biologique. L’idée de seuils de qualité progressifs dans le temps est bien reçue, mais suscite des interrogations : s’agit-il d’une forme de démarche qualité ou de seuils impératifs à respecter ? De nombreux contributeurs soulignent l’importance du bilan énergétique qui devrait, à leur sens, conduire à restreindre certaines formes de culture et d’élevage.

Plus généralement, des internautes soulignent que la haute qualité environnementale ne peut pas être assurée en agissant sur la seule production agricole. Pour eux, c’est l’ensemble de la filière, incluant transport, distribution, emballage et traitement des déchets qui doit être pris en compte. Des agriculteurs redoutent de leur côté que la HVE ne s’accompagne pas d’une organisation des marchés garantissant la vente des produits qui la respectent.

"Scoff49" écrit :
A quoi va correspondre le niveau maximal (HVE) : à des obligations de moyens et/ou de résultats, et comment ceux-ci seront-ils jugés : critères purement analytiques sur le produit ou approche globale à l’échelle de l’exploitation ?

Des messages insistent sur les risques accrus dus aux cultures de biocarburants de première génération en Europe. Ces messages font référence aux études récentes faisant apparaître leur mauvais bilan en termes d’émission de gaz à effet de serre. Leurs auteurs soulignent également le risque que les cultures liées soient soumises à des exigences environnementales moindres.

Satisfaire les attentes environnementales de la société

Une grande partie des échanges porte sur les apports respectifs de l’agriculture biologique et de l’agriculture raisonnée. Le groupe de travail a choisi de proposer en parallèle des mesures portant sur ces deux types d’agriculture. Certains internautes estiment que seule une agriculture tendant vers la généralisation du biologique mériterait d’être appelée durable. Cela suscite des réactions d’agriculteurs ou agronomes qui jugent cette approche irréaliste. Ils estiment impossible d’avoir une agriculture sans pesticides. Ils remarquent que l’agriculture biologique elle-même doit utiliser des produits potentiellement aussi nuisibles dans certaines situations. Ces critiques de l’agriculture biologique soulignent que les céréales biologiques sont nettement plus touchées par les mycotoxines.

L’impact sur les prix de techniques de production plus respectueuses de l’environnement inquiète certains intervenants. Ils doutent de la volonté ou de la possibilité pour les Français de payer le prix de la qualité environnementale. D’autres répondent que cela dépendra de leur positionnement : citoyens ou consommateurs. Dans le premier cas, le prix de la qualité sera accepté. Mais selon ces intervenants, il existe un risque que la grande distribution et la publicité imposent une réaction guidée essentiellement par les prix.

"JLuc" écrit :
On peut discuter de la possibilité pour le bio de nourrir la planète, mais la nécessité de le développer, ainsi qu’une réelle agriculture durable, ne se discute pas, tant les coûts et les dégâts induits par l’agriculture productiviste sont intenables, y compris par les agriculteurs qui disparaissent (2 fois moins en 15 ans en Ille et Vilaine).

Des messages assez nombreux regrettent la non prise en compte du bien être animal.

Réduire les pollutions diffuses

Les intervenants se présentant comme agriculteurs conventionnels invitent à considérer prudemment les propositions de réduction de l’usage des pesticides. Ils soulignent la réduction des quantités utilisées qui a déjà été réalisée et la difficulté à aller plus loin sans compromettre la productivité. En réponse, des internautes remarquent qu’il faut distinguer quantité et toxicité. Certains produits récents se caractérisent par des doses nettement plus faibles mais aussi toxiques.

"philippe chapelle" écrit :
Etant agriculteur et donc exposé prioritairement aux effets néfastes des pesticides, je suis tout à fait conscient de la nécessité de réduire l’utilisation de ces produits mais à condition qu’il existe des substituts efficaces aux molécules supprimées. Donc cette baisse doit être raisonnée : 50 % me parait irréaliste en 10 ans, un objectif moins ambitieux de 20 ou 30 % serait plus susceptible d’être atteint.

La possibilité de réduire l’usage des pesticides grâce aux OGM fait l’objet d’affirmations contradictoires. Certains y voient une solution. D’autres, remarquant que les principaux fournisseurs d’OGM sont des producteurs de pesticides, trouvent peu probable que le bilan à terme soit positif.

Des internautes invitent à prêter plus d’attention aux engrais dont les effets sont importants en matière de pollutions diffuses et de qualité des sols.

Enfin, des messages attirent l’attention sur l’intérêt des dispositifs de récupération et d’épuration naturelle.

Restaurer la biodiversité et avoir des actions territorialement cohérentes

La proposition de trame verte nationale et ses déclinaisons territoriales sont bien accueillies. Certaines internautes insistent sur l’importance d’une application locale attentive. La reconstitution des haies et bocages et la continuité du tissu arboré leur paraissent un complément indispensable.

Sur le plan de l’occupation du territoire, des messages soulignent l’impact négatif de l’étalement urbain.

Le nombre de messages portant sur la pêche est réduit. La plupart appellent à des politiques courageuses malgré les oppositions. Ils soulignent que l’établissement de quotas ne suffit pas, la surveillance de leur respect est également indispensable.

Réorienter fondamentalement dès 2008 la recherche et la formation des agriculteurs vers des modes d’agriculture durables

D’une façon générale, l’objectif de formation et d’éducation est jugé essentiel. La proposition de former en 5 ans 20 % des agriculteurs aux techniques intégrant l’environnement ne convainc pas. En ce qui concerne la formation initiale, des internautes demandent une augmentation ciblée de moyens pour les lycées agricoles.

L’indépendance des conseillers en agriculture est jugée insuffisante par certains intervenants : les coopératives qui dispensent le conseil vendent également des pesticides et engrais. Les réponses soulignant que les conseils ne sont pas intéressés aux résultats ne convainquent pas les critiques.

La recherche ne suscite que peu de messages. Ceux-ci portent principalement sur la nature des structures chargées du pilotage de la recherche : les propositions du groupe de travail sont jugées peu précises en la matière.

Les autres mesures

Des intervenants regrettent ce qu’ils considèrent comme une prise en compte insuffisante d’éléments importants : rôle du transport et de la distribution, importance d’agir sur la consommation, appels à promouvoir une agriculture de proximité et consommation de produits de saison, lutte contre le suremballage. Selon eux, ces questions auraient du être traitées au coeur du dispositif.

Des internautes insistent sur la portée (en termes d’empreinte écologique) de la consommation de viande et la nécessité d’encourager la poursuite de sa diminution.

19-10-2007 00:00

Descriptif du forum

Grenelle environnement : adopter des modes de production et de consommation durables

De tous temps l’agriculture a été le fruit d’une interaction forte de l’homme avec son environnement. Depuis le premier humain qui, abandonnant la cueillette, a choisi des espèces alimentaires, des milliers d’années d’apprentissage, de climats et sols différents, de cultures et organisations sociales variées ont construit les agricultures d’aujourd’hui. Plus récemment génétique, agronomie, chimie, et mécanisation ont accéléré cette évolution de façon impressionnante, et provoqué des conséquences importantes sur l’environnement.
22-10-2007 21:20

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